Escale à Horta racontée par Edward Bally, équipier d'AGAPEE

" Chronique d'une fabuleuse escale

Dimanche 29 juillet, il est presque minuit quand Agapee, dernier bateau de la course, rejoint enfin le port d'Horta, aux Açores. 14 jours et 15 nuits en mer, un peu de casse mais rien de sérieux. L'équipage s'est fait attendre, mais l'accueil qui leur est réservé est tout simplement fabuleux. Pour certains, cela fait presque 5 jours que l'escale a commencé ! Accordéon, applaudissements quelque peu moqueurs, embrassades fraternelles et poignées de mains amicales au programme. Très vite, les 4 marins de l'humide voilier quittent le bord et découvrent la Marina ainsi que le mythique bar "Chez Peter". Chez Peter où, mais ils ne le savent pas encore, ils passeront l'essentiel de leurs soirées !

La semaine débute et les équipages font le plein de festivités, accueillis royalement par et chez les habitants de Horta qui ont tous mis les petits plats dans les grands. A commencer par Manuel, l'ami de la première heure de Yannick et de la Route des Hortensias. Au menu : vin cuit, fromage local, mets de goût et desserts somptueux préparés par les femmes d'Horta. L'équipage de Jean d'Horta et de France Alzheimer entonnent les chansons qu'ils ont écrites à bord. Les deux seuls équipages, il faut le noter, dont les textes sont déjà prêts ! Pour les autres, il faudra attendre encore quelques jours, probablement le temps de trouver l'inspiration dans les Gin Tonic de Chez Peter !

Mardi, c'est au tour de la Marina de nous recevoir autour d'un apéritif dînatoire. Un verre de l'amitié qui se prolonge... Chez Peter, où Alain nous fait écouter le doux son de l'accordéon et où Alexandre nous fait profiter de son bel organe. Alleluia ! Les locaux et les gens de passage apprécient (enfin ils ont l'air) !

Le lendemain est le jour choisi pour le traditionnel pèlerinage sur la tombe de Jean Le Maguer, le père de Yannick, enterré au cimetière d'Horta. De là, on peut jouir d'une vue impressionnante sur la ville et le port. L'occasion pour Yannick de revenir sur l'histoire de son père et de sa triste disparition. Le Maire de la ville, Joao, ainsi que Manuel et Eugénio, le directeur du port sont présents pour la cérémonie. Nous faisons tous une prière et déposons ensuite une hortensia bleue sur la tombe du marin, au son d'un émouvant air d'harmonica joué par Alain. Nous filons ensuite vers la ville et embarquons pour une visite de l'île en bus avec Carla, notre charmante guide improvisée, devenue très vite la mascotte de notre escale.

Les Açoriens nous font encore la preuve, s'il le fallait encore, de leur grande hospitalité. Nous sommes invités par Joao le Maire à déjeuner dans un petit restaurant près de Varaduro, à l'ouest de Faïal. Là, nous goûtons à une spécialité locale, le Poulet à la Caldeira, délicieusement épicé avec une sauce bien relevée. Alexandre nous montre à nouveau qu'il sait admirablement chanter et nous terminons le repas au son d'un "Alleluia des hortensias". L'occasion aussi d'immortaliser l'évènement avec une très belle photo de groupe.

Les paysages sont magnifiques et le soleil est de la partie, malgré quelques nuages qui nous ont caché la Caldeira, gigantesque cratère dans lequel on pourrait insérer une tour Eiffel et l'observer de haut ! Malheureusement, tout ce que nous aurons pu observer ce jour-là, c'était un gros brouillard accompagné d'un charmant petit crachin très.. breton ! Mais qu'importe, la "route des hortensias" prend enfin tout son sens lorsque nous redescendons avec le bus et traversons les petites routes de montagne. Elles sont littéralement couvertes de ces petites fleurs bleues qu'on a tant de mal à faire pousser dans nos régions ! Ici, c'est plutôt un "fléau" comme nous dit Carla. Un joli fléau, on aimerait en connaître des "comme cela" dans nos villes!

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Les Açoriens s'activent de plus en plus au centre d'Horta, nous sentons l'ambiance grimper d'un cran chaque jour, chaque heure qui passe. Et pour cause, ce week-end débute la fête de la mer, la traditionnelle fête annuelle où les açoriens fêtent la mer, les marins et toutes les traditions locales. Les habitants des 9 îles des Açores se donnent rendez-vous sur Faïal pour une semaine de festivités, de concerts, de danses folkloriques. Jusqu'à dimanche soir, la veille du départ, nous prenons un avant goût du festival et prenons la température chaque soir en nous installant dans les restaurants du front de mer. Dégustations de poissons en tout genre, d'alcools spéciaux, de jambons de pays, de fromages locaux : un festival de goûts et de couleurs ! Cela donnerait presque envie de rester ici, de s'y installer pour le mois, mais n'oublions pas le grand départ de lundi midi.

Au fil de la semaine, on peut voir les équipages un à un se préparer au départ. Les uns recousent des voiles, les autres vident l'eau embarquée et dessalent les fonds, d'autres ont moins de travail et se laissent tenter par les activités proposées sur l'île : Balades en mer pour voir des baleines, plongées sous-marines, locations de scooter ou de voiture pour faire le tour de l'île (et espérer voir la Caldeira sans nuages ! ). La Marina nous a même fait un autre cadeau : une régate en baleinières, ces petites embarcations pas très stables mais très rapides. Ici, c'est le sport national ! Chaque île a ses équipes et les affrontements sont très attendus. Et ce samedi, en guise d'inauguration de la semaine de la mer, Faïal affronte Pico, les adversaires de toujours ! L'équivalent d'un PSG / Marseille au parc des princes ! Malgré tout, les équipes prennent le temps de nous emmener en mer pour tester les embarcations et nous passons un moment fabuleux à 10 noeuds de moyenne dans un vent pourtant assez faible, entre Pico et Faïal. Mais il faut rentrer et laisser la place aux équipages pour l'entraînement ! Dimanche arrive, il est temps de faire les lessives, de laver le pont, de faire les derniers réglages sur les voiles et de se reposer sous un soleil de plomb. Nous quitterons demain les Açores, le coeur rempli de cette ambiance que seules les escales peuvent apporter aux "marins de passage". Un qualificatif que les açoriens ont formidablement réussi à nous faire oublier, par la qualité de leur accueil et leur gentillesse. Un grand merci à tous pour ces festivités et l'organisation impeccable de cette route. Nous reviendrons !

Edward Bally "

 

 

Accueil